Guide de la préparation à la retraite en 2026

Couple de retraités enlacés sur une plage au coucher du soleil, illustrant le guide de la préparation à la retraite d'Evergreen Patrimoine
⏱ Temps de lecture : 15 minutes Préparer sa retraite n’est plus une option : c’est une nécessité. Le système par répartition français, mis sous tension par l’évolution démographique et les réformes successives, ne permet plus de maintenir un niveau de vie équivalent à celui de l’activité. Pour la plupart des actifs, le taux de remplacement à la liquidation des droits avoisine désormais 50 à 60 % du dernier revenu — un écart qui doit être anticipé et compensé. Ce guide est conçu pour vous donner une méthode claire et exhaustive pour préparer votre retraite. Vous y trouverez les mécaniques du système actuel, les outils à mobiliser selon votre horizon, l’arbitrage entre rente et capital, et les stratégies que nous déployons chez Evergreen Patrimoine pour construire un complément de revenus pérenne. Le temps est votre meilleur allié : plus la stratégie est lancée tôt, plus les outils déploient leur potentiel. Notre approche patrimoniale place la retraite au cœur des arbitrages.

Sommaire

  1. Comprendre le système de retraite français
  2. Le diagnostic préalable : combien vous faut-il ?
  3. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) : le pilier
  4. L’assurance-vie : la souplesse en complément
  5. L’immobilier locatif : SCPI et LMNP
  6. Les enveloppes financières long terme
  7. Tableau de synthèse des outils retraite
  8. L’allocation par horizon
  9. Stratégies selon votre profil
  10. Foire aux questions
  11. L’accompagnement Evergreen Patrimoine

Comprendre le système de retraite français

Avant de bâtir une stratégie de complément, il est utile de comprendre les fondations sur lesquelles celle-ci vient se greffer.

Les trois étages du système

Le système de retraite français repose sur trois étages distincts. Le régime de base (CNAV pour les salariés, MSA pour les agricoles, régimes spéciaux pour certaines professions) verse une pension calculée sur les 25 meilleures années de carrière, plafonnée à 50 % du PASS (Plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 23 550 € en 2026). Les régimes complémentaires obligatoires (AGIRC-ARRCO pour les salariés du privé, IRCANTEC pour les contractuels publics, RCI pour les indépendants) viennent compléter par points accumulés tout au long de la carrière. Enfin, l’épargne retraite individuelle ou collective (PER, assurance-vie, immobilier locatif, investissements financiers) constitue le troisième étage, sur lequel repose désormais l’essentiel de l’effort d’optimisation patrimoniale.

Le taux de remplacement : la donnée clé

Le taux de remplacement mesure le rapport entre votre première pension de retraite et votre dernier revenu d’activité. Selon le Conseil d’Orientation des Retraites, ce taux s’établit autour de 50-60 % pour la majorité des salariés en 2026, et baisse à mesure que le revenu d’activité augmente. Pour un cadre supérieur ou un dirigeant, le taux de remplacement peut chuter à 40 % voire 30 % — soit une amputation considérable du niveau de vie qu’il convient d’anticiper.

Les évolutions récentes à intégrer

La réforme de 2023 a relevé progressivement l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, et accéléré la durée de cotisation requise. La Loi de Finances 2026 a apporté plusieurs ajustements importants : fin de la déductibilité des versements PER après 70 ans, revalorisation du PASS et donc des plafonds de déduction, et maintien des dispositifs incitatifs sur l’épargne retraite. Pour vérifier votre situation personnelle, le portail officiel info-retraite.fr permet d’obtenir une estimation gratuite de vos droits.
À retenir. La retraite par répartition couvrira en moyenne 50 à 60 % de votre dernier revenu. La différence — significative pour les revenus moyens et supérieurs — doit être anticipée via les outils du troisième étage : PER, assurance-vie, immobilier locatif, placements financiers de long terme.

Le diagnostic préalable : combien vous faut-il ?

Avant de souscrire un quelconque produit, la première étape est de quantifier l’écart à combler. La méthode que nous appliquons chez Evergreen Patrimoine s’appuie sur trois variables.

Évaluer le besoin de revenus à la retraite

La règle classique consiste à considérer que vos besoins à la retraite représentent 70 à 80 % de votre revenu d’activité actuel. Cette fourchette tient compte de la disparition de certaines charges (épargne, frais professionnels, crédit immobilier de la résidence principale souvent soldé), mais aussi de l’augmentation potentielle d’autres postes (loisirs, voyages, santé). Pour les revenus élevés, ce ratio peut descendre à 60 % si une part importante des revenus actifs servait à constituer un patrimoine désormais opérationnel.

Estimer le déficit annuel à combler

Le calcul est alors simple : besoin estimé – pensions projetées = déficit annuel à combler. Pour un cadre gagnant 100 000 € par an, le besoin retraite peut s’établir à 75 000 € (75 % du revenu), avec des pensions projetées à 50 000 € (taux de remplacement de 50 %) — soit un déficit de 25 000 € par an à financer par l’épargne retraite et le patrimoine.

Traduire le déficit en capital nécessaire

Pour générer 25 000 € de revenus annuels à un rendement net de 4 % (allocation diversifiée), il faut un capital de 625 000 € à la retraite (25 000 / 4 %). À un rendement plus conservateur de 3 %, ce capital monte à 833 000 €. C’est cet objectif qui devient le fil conducteur de la stratégie d’épargne, et qui détermine l’effort mensuel à mobiliser selon votre horizon. Un capital de 600 000 € constitué à 65 ans suppose d’épargner 1 000 € par mois pendant 25 ans à 5 % de rendement annualisé, ou 1 600 € par mois pendant 20 ans.

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) : le pilier

Le PER, créé par la loi PACTE de 2019, est aujourd’hui l’outil central de la préparation à la retraite. Il combine un avantage fiscal puissant à l’entrée et une grande flexibilité à la sortie.

Le fonctionnement

Le PER individuel (PERIN) permet d’effectuer des versements volontaires, déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel. Les sommes sont investies dans des supports d’épargne (fonds en euros, unités de compte) et capitalisent jusqu’à la retraite. À la liquidation, l’épargne peut être récupérée en capital, en rente viagère, ou en mixant les deux, ce qui constitue une amélioration majeure par rapport aux anciens dispositifs (PERP, Madelin) qui imposaient souvent une sortie en rente.

Les plafonds de déduction en 2026

Les plafonds de déduction sont fixés comme suit :
  • Salariés et assimilés : 10 % des revenus professionnels de l’année N-1, retenus dans la limite de 8 PASS, soit une déduction maximale de 37 680 € en 2026. Plancher minimal : 10 % du PASS, soit 4 710 €.
  • Travailleurs non salariés (TNS) : 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de 8 PASS, majoré de 15 % du bénéfice compris entre 1 et 8 PASS, soit une déduction maximale de 88 911 € en 2026.
  • Report des plafonds non utilisés des 3 dernières années, et mutualisation possible entre époux ou partenaires de PACS.
L’économie d’impôt est proportionnelle à la TMI : un versement de 10 000 € génère 4 100 € d’économie d’impôt à 41 %, et 4 500 € à 45 %. Le PER n’est pas soumis au plafond global des niches fiscales, ce qui en fait un outil cumulable avec les autres dispositifs de défiscalisation.

Les cas de déblocage anticipé

L’épargne est en principe bloquée jusqu’à la retraite, mais six cas de déblocage anticipé sont prévus par la loi :
  • Acquisition de la résidence principale (avec fiscalité sur les sommes déduites + IR/PS sur les gains).
  • Décès du conjoint ou partenaire de PACS.
  • Invalidité du titulaire, conjoint ou enfant.
  • Situation de surendettement.
  • Fin de droits aux allocations chômage.
  • Liquidation judiciaire (TNS).
Hors achat de la résidence principale, ces cas bénéficient d’une exonération totale d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux sur les gains restant dus. Ce dispositif sécurise considérablement l’investissement, l’épargne restant accessible en cas d’accident de la vie.

Capital ou rente : l’arbitrage à la sortie

Le choix entre sortie en capital et sortie en rente est l’une des décisions les plus structurantes de la stratégie retraite. La sortie en capital est soumise au barème progressif de l’IR pour la partie correspondant aux versements déduits, et au PFU de 30 % (ou option barème) pour les gains. Elle peut être fractionnée sur plusieurs années pour étaler la fiscalité. La sortie en rente viagère garantit un revenu à vie, mais l’épargne est définitivement convertie : pas de transmission possible des capitaux restants en cas de décès précoce, sauf option de réversion (qui réduit la rente). Dans la majorité des situations, nous privilégions une sortie en capital fractionné, qui conserve la flexibilité, permet l’optimisation fiscale annuelle, et préserve la transmissibilité du capital aux héritiers en cas de décès. La rente reste pertinente pour les profils prudents ou sans héritiers, et pour la partie de l’épargne qui doit couvrir le « plancher » incompressible des dépenses récurrentes.
À retenir. Le PER est l’outil le plus efficace pour préparer la retraite tout en optimisant sa fiscalité actuelle. L’arbitrage capital/rente à la sortie est déterminant : la sortie en capital fractionné offre flexibilité, optimisation fiscale et transmissibilité, là où la rente apporte une garantie viagère mais ferme la porte à la transmission. La fin de la déductibilité après 70 ans renforce l’intérêt de versements anticipés.

L’assurance-vie : la souplesse en complément

L’assurance-vie n’est pas un produit retraite stricto sensu, mais elle joue un rôle central dans toute stratégie de préparation. Sa liquidité permanente (aucun blocage des fonds) en fait le complément idéal du PER, dont l’épargne est immobilisée jusqu’à la retraite.

L’antériorité fiscale des 8 ans

Après 8 ans de détention, les rachats partiels sur un contrat d’assurance-vie bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € sur les gains (9 200 € pour un couple), puis d’une taxation au PFU de 7,5 % en deçà de 150 000 € de primes versées (12,8 % au-delà). Pour un couple effectuant des rachats annuels, cela permet de générer plusieurs milliers d’euros de revenus complémentaires en franchise totale d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus.

La stratégie « rachats programmés »

À la retraite, l’assurance-vie peut être pilotée en mode rachat partiel programmé : un montant fixe est prélevé chaque mois ou chaque trimestre, dimensionné pour rester sous le seuil de l’abattement annuel. Cette technique permet de générer un complément de revenus régulier, défiscalisé en grande partie, tout en conservant la réversibilité totale de la décision (à tout moment, vous pouvez interrompre les rachats, modifier les montants, ou racheter en totalité).

Le double avantage transmission

L’assurance-vie joue aussi un rôle dans la transmission : les capitaux décès versés aux bénéficiaires désignés bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, puis d’une taxation à 20 % (jusqu’à 852 500 €) ou 31,25 % au-delà. Cette dimension complète celle de la défiscalisation et de la constitution de revenus. Pour les patrimoines importants ou les expatriés, l’assurance-vie luxembourgeoise apporte des protections juridiques supplémentaires.

L’immobilier locatif : SCPI et LMNP

L’immobilier locatif est historiquement l’un des piliers de la préparation retraite en France. Il combine effet de levier du crédit, constitution de patrimoine, et génération de revenus complémentaires.

Les SCPI de rendement

Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) permettent d’accéder au marché de l’immobilier commercial (bureaux, commerces, santé, logistique) avec des montants accessibles dès 1 000 €, et sans contrainte de gestion. La société de gestion s’occupe de l’acquisition, des locataires, des travaux et de l’arbitrage du parc immobilier ; les associés perçoivent des loyers trimestriels nets de 4,5 % à 5 % en moyenne en 2026, après prélèvements de gestion. Pour préparer la retraite, deux stratégies se déploient. La SCPI à crédit bénéficie de l’effet de levier : on emprunte sur 20 ans, les loyers couvrent en partie les mensualités, et au terme du crédit on dispose d’un patrimoine immobilier générant des revenus passifs. La SCPI en démembrement consiste à acquérir uniquement la nue-propriété avec une décote de 25 % à 40 % selon la durée : sur 10 ans, on ne perçoit aucun loyer (donc aucune fiscalité), et à l’extinction de l’usufruit on récupère la pleine propriété et les revenus. C’est l’une des stratégies les plus efficaces pour préparer la retraite tout en évitant l’IFI pendant la phase de constitution. Les principaux points d’attention restent la fiscalité des revenus à l’IR + prélèvements sociaux (régime des revenus fonciers, qui peut peser lourd pour les TMI élevées), les frais d’entrée significatifs (7 à 10 % HT), et la liquidité non garantie en cas de besoin. Notre page expertises immobilières détaille la sélection des SCPI que nous recommandons.

Le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel)

Le LMNP est sans doute le statut le plus avantageux fiscalement pour générer des revenus locatifs. En louant un bien meublé, les revenus relèvent de la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), ce qui ouvre droit à deux régimes : le micro-BIC (abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers, simple), ou le régime réel (déduction des charges réelles + amortissement du bien et du mobilier sur 25 à 40 ans). Le régime réel permet, dans la quasi-totalité des cas, de générer des revenus locatifs totalement défiscalisés pendant 10 à 20 ans, grâce à l’amortissement comptable du bien. C’est un outil particulièrement puissant pour préparer la retraite : le crédit est remboursé pendant la phase d’activité, et au moment de la retraite les loyers nets sont perçus sans imposition. Le LMNP convient aussi bien à l’investissement dans une résidence étudiante, senior ou EHPAD (LMNP géré, contrat de bail commercial) qu’à un appartement loué meublé en cœur de ville.

Les enveloppes financières long terme

Le PEA et le PEA-PME

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est l’enveloppe idéale pour faire fructifier patiemment un portefeuille d’actions européennes. Après 5 ans de détention, les plus-values et dividendes sont exonérés d’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Le plafond de versement est de 150 000 €, porté à 225 000 € avec le PEA-PME. Pour un horizon de 15 à 30 ans, c’est l’un des véhicules les plus performants en termes de rendement net après fiscalité. À la retraite, le PEA peut être piloté en mode rachats partiels (qui ne ferment pas le plan tant qu’il a plus de 8 ans) ou en mode rente viagère défiscalisée. Sa souplesse et sa fiscalité allégée en font un complément naturel du PER et de l’assurance-vie.

Le compte-titres ordinaire (CTO)

Le CTO n’offre pas d’avantage fiscal spécifique, mais reste indispensable pour les investissements en titres non éligibles au PEA (actions américaines, ETF mondiaux, obligations, produits structurés). Détenu en personne physique, il subit le PFU de 30 % (ou option barème) ; logé dans une SCI ou holding patrimoniale à l’IS, il bénéficie du taux réduit d’IS (15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà), des provisions sur titres dépréciés et de la possibilité de pacte Dutreil à la transmission. Cette structuration est typique pour les patrimoines importants ou pour les chefs d’entreprise après cession.

Le capital-investissement

Le private equity, longtemps réservé aux investisseurs institutionnels, est aujourd’hui accessible aux particuliers via les FCPR, les FCPI ou des clubs deals. Investir 5 à 10 % de son patrimoine en private equity sur un horizon de 8 à 12 ans permet de viser des rendements bruts de l’ordre de 8 à 12 % par an, en contrepartie d’une illiquidité totale pendant la durée du fonds. Cet horizon long s’aligne parfaitement avec celui de la préparation retraite, et l’allocation contribue à la diversification du portefeuille global.

Tableau de synthèse des outils retraite

Outil Avantage fiscal Liquidité Horizon recommandé Mode de sortie
PER individuel Déduction du revenu jusqu’à 37 680 € / 88 911 € TNS Bloqué (sauf 6 cas) 10 à 40 ans Capital, rente ou mixte
Assurance-vie Abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans Totale 8 ans minimum Rachats partiels programmés
SCPI à crédit Régime revenus fonciers Limitée (3 à 6 mois) 15 à 25 ans Loyers trimestriels
SCPI en démembrement Pas d’IFI, pas de revenus imposables Aucune avant terme 5 à 15 ans Récupération de la pleine propriété
LMNP régime réel Amortissement du bien Vente du bien 15 à 25 ans Loyers défiscalisés
PEA Exonération IR après 5 ans Totale après 5 ans 10 à 30 ans Rachats ou rente viagère
Capital-investissement Réduction IR 25 % FCPI / FIP Aucune (fonds fermé) 8 à 12 ans Distribution à la liquidation
Aucun outil n’est suffisant à lui seul : une stratégie retraite efficace combine généralement 3 à 5 véhicules selon le profil et l’horizon de l’investisseur.

L’allocation par horizon : adapter sa stratégie au temps qui reste

La logique d’allocation évolue à mesure que la date de la retraite se rapproche. Voici les trois grandes phases que nous distinguons.

Phase de constitution (horizon supérieur à 10 ans)

C’est la phase la plus dynamique. Le risque est compensé par le temps, et la priorité est donnée à la performance. L’allocation peut être fortement orientée actions (60 à 80 % du portefeuille), via le PEA, des fonds en assurance-vie ou en PER. L’immobilier locatif à crédit (SCPI à crédit, LMNP) est mis en place tôt pour bénéficier de l’amortissement bancaire le plus long possible. Le PER est alimenté annuellement à hauteur du plafond de déduction, pour maximiser l’avantage fiscal.

Phase de consolidation (horizon de 5 à 10 ans)

L’allocation devient progressivement plus prudente. La part actions baisse vers 40-50 %, au profit des obligations, des fonds en euros et de l’immobilier sécurisé. C’est aussi la phase où l’on commence à récupérer la disponibilité des capitaux : remboursement anticipé des crédits, sécurisation d’une partie des unités de compte vers le fonds en euros, optimisation de la fiscalité des plus-values latentes.

Phase de transition (moins de 5 ans)

L’objectif n’est plus la performance mais la sécurisation et la mise en paiement. L’allocation actions tombe sous 30 %, les capitaux sont préparés pour la sortie : choix du mode de liquidation du PER (capital ou rente), mise en place des rachats programmés sur l’assurance-vie, calibrage des revenus locatifs nets. Cette phase doit être anticipée : un PER liquidé brutalement à la retraite peut générer un effet d’aubaine fiscale négatif si la sortie en capital intervient une année à TMI encore élevée.
À retenir. Une allocation retraite n’est pas figée : elle évolue progressivement de dynamique à prudente, par paliers de 5 à 10 ans. La règle empirique du « 100 moins votre âge » pour la part actions reste une boussole utile : à 30 ans, 70 % d’actions ; à 50 ans, 50 % ; à 65 ans, 35 %.

Stratégies selon votre profil

Salarié du privé, 35-50 ans

Le PER individuel est la première brique, alimenté au plafond annuel de déduction (10 % du revenu). En parallèle, une assurance-vie est ouverte tôt pour faire courir l’antériorité fiscale des 8 ans. Selon la capacité d’épargne, un investissement en SCPI à crédit ou en LMNP géré complète le dispositif. Le PEA est utilisé pour la part actions sur 20 à 30 ans d’horizon.

Chef d’entreprise et dirigeant TNS

Le plafond PER majoré à 88 911 € en 2026 est un avantage majeur, à utiliser au maximum. La stratégie patrimoniale se prépare également en vue de la cession de l’entreprise : apport-cession (article 150-0 B ter du CGI), structuration en holding patrimoniale, pacte Dutreil pour la transmission. Le PER, l’assurance-vie luxembourgeoise et le capital-investissement constituent les véhicules de réinvestissement post-cession. Notre page dédiée aux chefs d’entreprise détaille notre méthodologie.

Profession libérale et indépendant

Outre le PER, qui remplace l’ancien Madelin, les professions libérales bénéficient souvent de revenus volatils : la stratégie privilégie la diversification et la flexibilité. SCPI en démembrement, assurance-vie multi-supports, capital-investissement avec quota fiscal et investissement progressif dans l’immobilier permettent de lisser les efforts d’épargne en fonction des années.

Sportif de haut niveau ou profil à carrière courte

Pour ces profils, la phase d’activité est concentrée sur 10 à 15 ans, ce qui rend la préparation retraite particulièrement critique. La stratégie repose sur une épargne intense pendant la phase active (PER au plafond, capital-investissement, immobilier à crédit) et une reconversion patrimoniale à l’issue de la carrière (transformation des revenus de prime en patrimoine immobilier et financier diversifié). Notre page Sportifs de haut niveau détaille cette approche.

Expatrié de retour ou en cours de carrière internationale

Les expatriés ne bénéficient pas du PER pendant leurs périodes de non-résidence, mais peuvent utiliser l’assurance-vie luxembourgeoise, qui reste opérationnelle quel que soit le pays de résidence. Au retour en France, le PER peut être ouvert immédiatement et alimenté avec les plafonds courants. Les SCPI européennes (qui n’entrent pas dans l’assiette des prélèvements sociaux pour les non-résidents) constituent un autre levier intéressant pour cette population.

Foire aux questions

À partir de quel âge faut-il commencer à préparer sa retraite ?
Le plus tôt possible. À 30 ans, épargner 200 € par mois à 5 % de rendement constitue un capital de plus de 245 000 € à 65 ans. À 50 ans, il faut épargner 1 100 € par mois pour atteindre le même montant. Le temps est le facteur le plus déterminant : il démultiplie la performance par l’effet des intérêts composés et permet de prendre plus de risque sur la partie actions.
PER ou assurance-vie : que choisir en priorité ?
Les deux sont complémentaires, pas substituables. Le PER apporte l’avantage fiscal immédiat et un cadre dédié retraite. L’assurance-vie apporte la liquidité, la souplesse et la transmission. Une stratégie efficace combine généralement les deux : PER pour le levier fiscal, assurance-vie pour la flexibilité. Pour les TMI 41 % et 45 %, le PER prend l’avantage ; pour les TMI plus modestes, l’assurance-vie peut suffire.
Faut-il sortir le PER en capital ou en rente ?
Dans la majorité des cas, nous recommandons la sortie en capital fractionné sur plusieurs années, qui permet d’optimiser la fiscalité, de garder la maîtrise du capital, et de préserver la transmissibilité aux héritiers. La rente reste pertinente pour les profils prudents souhaitant un revenu garanti à vie, ou pour la couverture d’un « plancher » incompressible de dépenses. Une sortie mixte (par exemple 50 % capital, 50 % rente) est souvent un bon compromis.
Quel rendement attendre d’une stratégie retraite diversifiée ?
Sur le long terme (15-30 ans), une allocation diversifiée actions/obligations/immobilier vise un rendement net de l’ordre de 4 à 6 % par an. Les phases dynamiques peuvent dépasser 7 % ; les phases prudentes descendent à 3 %. Ces chiffres ne sont pas garantis et dépendent fortement des cycles économiques. La performance dépend aussi des frais : un fonds à 2,5 % de frais annuels par rapport à un fonds à 0,5 % peut diviser le capital final par 2 sur 30 ans.
L’immobilier locatif est-il toujours pertinent en 2026 ?
Oui, à condition de bien sélectionner les véhicules. Les SCPI européennes bénéficient d’une fiscalité avantageuse (pas de prélèvements sociaux pour les non-résidents, et un crédit d’impôt pour éviter la double imposition). Le LMNP régime réel reste l’un des meilleurs régimes fiscaux français. La nue-propriété de SCPI permet d’éviter l’IFI pendant la phase de constitution. En revanche, l’investissement Pinel ayant disparu (remplacé par la loi Jeanbrun depuis 2026), les nouveaux dispositifs doivent être étudiés avec attention.
Que se passe-t-il si je décède avant ma retraite ?
Les capitaux logés sur un PER sont versés aux bénéficiaires désignés selon des règles proches de l’assurance-vie : abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans, puis taxation à 20 % ou 31,25 %. Les capitaux d’assurance-vie suivent le régime classique. L’immobilier est transmis selon les règles successorales (intérêt de l’anticipation par donation, démembrement ou pacte Dutreil pour les sociétés). L’articulation retraite/transmission doit être pensée dès la phase de constitution.
Peut-on alimenter un PER après 70 ans ?
Oui, mais sans déductibilité fiscale depuis la Loi de Finances 2026 : les versements restent possibles, et ils continuent à capitaliser, mais ils ne réduisent plus le revenu imposable. La stratégie consiste donc à maximiser les versements déductibles avant 70 ans, en utilisant si nécessaire les reports de plafond des années précédentes.

L’accompagnement Evergreen Patrimoine

Préparer sa retraite est un travail de longue haleine, qui suppose des arbitrages réguliers en fonction de l’évolution de votre situation et de l’environnement réglementaire. Chez Evergreen Patrimoine, notre méthodologie repose sur quatre étapes :
  1. Diagnostic retraite complet. Évaluation de vos pensions futures (régimes obligatoires et complémentaires), de votre besoin de revenus, de votre capacité d’épargne et de votre patrimoine actuel.
  2. Définition de la stratégie d’épargne. Allocation entre PER, assurance-vie, immobilier locatif et placements financiers selon votre horizon, votre TMI et votre appétence au risque.
  3. Mise en œuvre. Sélection des contrats (PER, assurance-vie), recherche des SCPI ou opérations immobilières, structuration éventuelle en société, articulation avec votre comptable et votre notaire.
  4. Suivi et arbitrages. Pilotage annuel de l’allocation, ajustement du niveau de risque à l’approche de la retraite, préparation des modalités de sortie 5 ans avant la date prévisionnelle.
Notre approche se veut transparente sur les rémunérations (rétrocessions communiquées sur chaque contrat) et indépendante dans la sélection. Nous travaillons en architecture ouverte avec plus de 20 partenaires, ce qui nous permet de proposer les solutions les mieux adaptées à chaque situation. Pour bâtir votre stratégie retraite, prenez rendez-vous avec un conseiller Evergreen Patrimoine.

Les informations présentées dans ce guide sont fournies à titre informatif et reflètent la réglementation en vigueur à la date de rédaction. Elles ne constituent pas un conseil personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investissements présentent des risques de perte en capital. Pour une stratégie personnalisée, consultez votre conseiller Evergreen Patrimoine. Source officielle : info-retraite.fr.